TELIMEP

TELIMEP

Territorialité, Liminalité et Métropolisation Périphérique

Projet Labex ITEM

Durée : 2015-2018

 

Equipe : Liminalité

 Porteur : Stéphane Gal, MCF HDR, histoire, UGA, Larhrastephane.gal3@wanadoo.fr

 

Membres LARHRA

Etienne BOURDON, MCF, histoire, UGA , Larhra, <etienne.bourdon@ujf-grenoble.fr>

Christophe CAIX, doctorant, histoire, UGA, Larhra, <christophe.caix@neuf.fr>

Aurelien LIGNEREUX, MCF, histoire, IEP Larhra <lignereuxaurelien@yahoo.fr> ;

Florent MEZIN, doctorant, histoire, UGA Larhra <florent.mezin@orange.fr>

 Nasima MOUJOUD, MCF, anthropologie, UGA, Larhra <nasima.moujoud@upmf-grenoble.fr>

 Pierrick ORLAREY, doctorant- histoire-musée de La Mure, Larhra p.orlarey@wanadoo.fr

 

Autres membres :

Alessandro CELI, docteur, histoire, Aoste, solcoeli@yahoo.it>

Etienne CIAPIN, doctorant, sociologie, UGA" <etienne.ciapin@gmail.com>

Emilie COTTET-DUMOULIN, docteure, Histoire, Llseti, <Emilie.cottet-dumoulin@univ-savoie.fr>

Davide DE FRANCO, histoire, post doc, Milan, dav.defranco@gmail.com

Marie-Christine FOURNY, PR, géographie, UGA, Pacte, <Marie-Christine.Fourny@ujf-grenoble.fr>

Lauranne JACOB, doctorante, géographie-droit, UGA-Genève <laurannejacob@hotmail.fr>  

 Kirsten KOOP, MCF géographie,  UGA, Pacte, <kirsten.koop@ujf-grenoble.fr>

Marina La SOUBIROU, doctorante, géographie, UGA <marina.soubirou@umrpacte.fr

Pierre-Antoine LANDEL" MCF, géographie, Pacte, UGA pierre-antoine.landel@ujf-grenoble.fr>

Samia OUNOUGHI, MCF, anglais, UGA, samia.ounoughi@club-internet.fr

Rosalie PERROS, stagiaire, géographie, UGA  <rosalie.perros@live.fr>

 

Emilie-Anne PEPY, MCF, histoire, Chambéry Mont-Blanc, Llseti,  emiliane.pepy@gmail.com

Valentina PORCELLANA, MCF, Anthropologie, Université de Turin valentina.porcellana@unito.it> 

Kevin SUTTON, MCF, géographie, UGA, Pacte <kevin.sutton@upmf-grenoble.fr>

 

Présentation scientifique du Projet :

Travail autour de la mobilisation et recomposition des identités montagnardes aux périodes moderne et contemporaine, et les transformations liées au processus de métropolisation qui affecte des périphéries montagnardes. La diversité intrinsèque des territoires de montagne les destine à devenir des inventeurs féconds de solutions nouvelles aux problèmes différenciés posés par les frontières mobiles ou les marges de la métropolisation.

Les transformations de la montagne seront analysées à travers les dynamiques collectives des territoires de montagne, en lien avec les problématiques liées aux frontières et aux limites de tous ordres, aboutissant à une meilleure connaissance des territorialités en jeu et des reterritorialisations progressives (localisées ou plus globales).

La métropolisation sera analysée moins comme processus de croissance de l’urbain du centre vers les périphéries que comme reconnaissance de la multiplication de centralités et de périphéries.

L’équipe 1 (« Liminalité & Identités ») : S. Gal

S’inscrit dans les problématiques des « frontières » et de la notion anthropologique de liminalité (Van Gennep), en lien avec le paradigme du franchissement[1], posant la question centrale des identités et de l’objet montagne tel qu’il se construit ou se déconstruit au fil du temps, notamment à travers les conflictualités.

L’équipe 2 (« Métropolisation&Montagne ») : Romain Lajarge. Elle s’inscrit dans la suite des réflexions sur une certaine conception de la métropolisation (Bourdin (A.), 2005), sur la territorialisation (Faure (A.), Douillet (A.-C.), (dir.), 2005 ; Kada (N.), 2011), sur la critique de la planification (Zepf (M.), Andres (L.), (dir.), 2011) et de la géographie prioritaire et partent des modalités concrètes et problématiques de fabrication des politiques publiques à l’échelle métropolitaine

Pour analyser cette capacité nouvelle à faire territoire par l’action, la notion de développement territorial sera ici très utile.

Mots ou concepts clés : Liminalité, Conflictualité, action attestataire, habitabilité…

La liminalité continuera à faire l’objet de réflexions croisées multidisciplinaires. Prise au sens d’un espace d’entre-deux spécifique, tant à l’échelle de la montagne elle-même qu’au niveau de la problématique de la frontière, de la périphérie ou d’une zone resserrée localisée (comme les cols, seuils, pas, pieds etc.), elle doit permettre d’aborder la territorialité sur un temps long. Elle se présente comme un objet de recherche nouveau dans ce domaine et propice à un dialogue entre les différentes équipes composant le pôle.

 

à La métropolisation devra être mieux qualifiée comme processus de reterritorialisation d’un genre nouveau plus encore que comme réorganisation d’instruments existants. Montagnes métropolisées au sens d’entités conçues comme structurellement liées (villes et campagnes, centres et périphéries, activité et récréation, …). L’influence des métropoles et des métropolitains ainsi que le phénomène de métropolisation, seront à mesurer, notamment dans leur lien avec les espaces de marges, les tensions adhésion-résistance et la mise en œuvre d’identités anciennes, nouvelles ou alternatives.

 

à La conflictualité est prise comme l’hypothèse d’un moment clé dans l’émergence d’innovations sociales et économiques, qui redéfinissent l’identité territoriale tout en maintenant un fort ancrage dans l’histoire. La situation frontalière rend ainsi compte d’un processus tout à fait particulier d’un territoire dont l’identité se définit par rapport à la frontière, mais dont l’autonomie se construit dans l’opposition à une circulation ou un passage qu’il ne maîtrise pas, type corridor[2]. Habiter la limite prend ici tout son sens et on peut y faire l’observation d’une « territorialisation de l’alternative » (Pierre-Antoine Landel) à travers les acteurs ou les groupes engagés dans des processus de changement dans les habitudes socio-économiques, et leur capacité à générer des attitudes qui deviennent en soi liminales.

à Le concept d’action attestataire sera également utilisé pour comprendre la fabrique de territorialités par le projet, a contrario de l’émergence de territoires défensifs issus de luttes situées et d’oppositions à des projets d’aménagement.

à Le concept d’habitabilité devra être repris ici (à la suite des nombreux travaux récents notamment autour de l’ANR TerrHab (Fourny-Lajarge (dir.), 2011-2015) et du colloque TTT4 des 25-26-27 mars 2015 intitulé « Habitable, vivable, désirable. Débats sur la condition territoriale »). Il sera mis à l’épreuve, ici, de nouvelles enquêtes de terrain.

à Tant dans les imaginaires que dans les aménagements matériels, la montagne est saisie dans une dialectique entre spécification et normalisation, que nous formulons de manière métaphorique par la question aplanir ou augmenter la pente ? L’idée est ici de scruter, toujours sur un temps long, les actions destinées à exalter ou réduire les « contraintes » de la nature, par volonté économique et/ou politique de normaliser, de faciliter, d’exister ou de résister, mais également de voir comment les hommes composent avec les distances, les obstacles, les temporalités, la déclivité. On retrouve entre autres ici les tensions entre accentuation et normalisation, ainsi que les usages politiques et militaires (fortifications par exemple, en lien avec le patrimoine) qui peuvent être faits de la montagne, et plus globalement la notion d’aménagement du territoire.

 

Terrain :

à Le terrain principal de l’équipe 1 sera le val de Suse (Italie), des barricades du XVIe s au non TAV ; Turin ; espace de frontière en lien avec la vallée d’Aoste (Italie) et de la Maurienne (projet d’Anne-Marie Granet-Abisset) et / ou le Briançonnais.

Terrain qui se présente comme un laboratoire heuristique propice à l’expérimentation de la notion de périphérie, en rapport avec les notions de liminalité, de mobilité et de conflictualité. La situation conflictuelle de la lutte anti TAV s’est développée sur un axe de circulation pluriséculaire, fruit d’une territorialité transfrontalière, elle mobilise consciemment ou inconsciemment des ressorts anciens (une « culture des barricades » ?), invente des structures et du patrimoine, et glisse d’une opposition identitaire « locale » à une lutte aux dimensions universelles et mondialisées, qui appelle des études comparatives qu’il faudra explorer.

à Le terrain principal de l’équipe 2 restera Grenoble, non pas seulement par proximité[3] et par accumulation de matériaux, de questionnements et de résultats[4] ainsi que de nombreux et intenses partenariats avec les acteurs territoriaux[5], mais aussi parce que le cas grenoblois présente une réelle illustration de cette problématique de métropolisation de ses périphéries et de quête de nouvelles territorialités.

 Terrain commun : agglomération turinoise.

 

Calendrier

Années

Equipe 1 (Liminalité&Identités)

Equipe 2 (Métropolisation&Montagne)

Equipes 1&2

2015

Conflictualité

Attestation

Phase de finalisation des projets engagés par les deux équipes en 2014 : 1 équipe sur la conflictualité, 1 équipe sur l'attestation

2016

Malléabilité-Transformation-Adaptabilité

Les deux phénomènes peuvent aboutir à une articulation intéressante entre l’approche historicisée apportée par les historiens et l’aménagement du territoire des géographes.

Idée de diversifier les terrains-laboratoires au cours de cette seconde phase

2017

Les dynamiques des pieds

Adaptabilité

Approfondissement par équipe et croisement des thématiques 

2018

 

Publication de l’équipe : Montagne et Liminalité Les manifestations alpines de l’entre-deux XVIe-XXIe siècles, PUG UGA éditions, 2018,  248 p.

 

 

 

 

[1] Martin de la Soudière, « Le paradigme du passage », Communication, 70, 2000, p. 5-31.

[2] Distinction importante dans le Val de Suse entre passage (élément approprié localement) et corridor (négation extérieure).

[3] Et donc gain logistique et financier pour le travail d’enquête.

[4] Dont de nombreuses thèses, post-doc récents, mémoires et stages étudiants.

[5] Dont une convention partenariale cadre entre PACTE et la Métro renouvelée tous les 3 ans.