Savoirs

Thématiques

 

Histoire de l’éducation :

 

L'histoire des savoirs s’intéresse à l'histoire de l'éducation. Comme produit des dynamiques sociales, économiques, politiques et culturelles, l'éducation subit le poids et les contingences de son époque tout en participant à l’évolution générale des sociétés. De ce fait l’histoire de l’éducation ne se limite pas au cadre classique de la classe ni à l'enseignement théorique général. Elle comprend aussi bien l'histoire des institutions officielles d'éducation (écoles, collèges, lycées, universités, grandes écoles, tant publiques que privées), les apprentissages manuels, les savoir-faire, les transmissions au sein d'ateliers, échoppes, usines ou tout autre espace d'enseignement (ferme-école, navire-école, etc.). Elle concerne l'éducation informelle dans l'espace privé, de la naissance à la mort (cadre familial, préceptorat, autodidaxie, cours du soir…). Les recherches portent aussi sur l'histoire de l'éducation dans l'Empire Ottoman et les États issus de son démembrement afin de réexaminer à nouveaux frais les systèmes éducatifs pluriels de l'âge ottoman, les évolutions parallèles et les continuités, et leur inscription dans une histoire européenne de l'éducation. Les chercheurs impliqués dans ces recherches poursuivent la politique scientifique engagée par le SHE associant étroitement recherche et production de ressources mises à la disposition de la communauté scientifique comme du grand public que ce soient les Ressources numériques en histoire de l'éducation ou le projet Heloise de constitution d’un réseau européen sur les bases de données historiques sur les universités (European Network on Digital Academic History). Plusieurs membres de l'équipe appartiennent au comité éditorial de la revue Histoire de l’éducation, principale revue française dans ce domaine.

L'axe est en lien avec le Laboratoire de l'Éducation (UMS 3771, CNRS-ENS de Lyon) où se déroulent de nombreux séminaires et journées d'étude.

 

Savoirs et croyances

 

Au sein de cette thématique, il s’agit d’étudier les liens multiples et complexes entre les savoirs et les croyances, entre le su et le cru, dans leurs prétentions véritatives parfois concurrentes, voire contradictoires. Les relations entre savoirs et religions interrogent la place des confessions dans l’élaboration des représentations, savantes ou non, du monde. Au-delà de leur vocation eschatologique, les religions sont aussi porteuses de savoirs (notamment théologiques, zoologiques, médicaux, géographiques, mais aussi techniques…). Par leurs acteurs (individuels, collectifs, institutionnels…), leurs réseaux ou leurs dogmes, leurs liens avec les pouvoirs, elles ont longtemps structuré les champs de la connaissance. Ces interactions entre savoirs et croyances rendent nécessaire de comprendre de quelle manière des savoirs peuvent être aux fondements de croyances et, inversement, de quelle manière les convictions religieuses peuvent déboucher sur des savoirs faisant docte autorité. La religion est aussi parfois entrée en concurrence, en opposition, voire en conflit ouvert avec d’autres formes de savoirs ce qui nécessite d’interroger les objets, les lieux et les temporalités de ces confrontations. Mais les croyances ne se cantonnent pas au champ du religieux. Ces certitudes, ces opinions plus ou moins rationnelles mettant en suspens le doute au profit d’une conviction intime, personnelle ou collective, trouvent parfois une place centrale dans d’autres domaines. L’histoire de la Renaissance à nos jours montre que même certaines démarches qui se présentent comme scientifiques ne sont pas toujours dénuées de croyances qui les sous-tendent de façon plus ou moins implicites ou clairement conscientisées (progressisme, scientisme, racialisme…). C’est dire à quel point il faut dépasser le clivage simpliste entre savoirs et foi, raison et religion, rationalité et superstition, objectivité et irrationalité. De très nombreux domaines comme ceux de l’histoire des sciences, des loisirs, des pratiques alimentaires et gastronomiques, de la consommation révèlent cette part subjective qui opère dans les processus globalement rationnels. Cette approche accorde aussi un intérêt aux religions et aux croyances comme objets de savoirs en observant notamment de quelle manière se sont constituées les sciences des religions en tant que discipline.

 

Savoirs et pouvoirs :

 

Les savoirs sont socialement situés et font l'objet d'utilisations et de luttes politiques. Le thème Savoirs et pouvoirs s'intéresse au rôle des institutions dans la production et la validation des savoirs, à la fois comme commanditaires d'enquêtes, comme producteurs de savoirs et enfin comme instances de régulations. Sciences et pouvoirs sont engagés dans des processus de co-construction : l’État moderne et contemporain se nourrit de savoirs démographiques, politiques, économiques, biologiques, etc., qui lui permettent de gouverner les populations et les territoires. Les sciences s’institutionnalisent, recherchent l’appui des pouvoirs et créent en leur propre sein des mécanismes de reconnaissance et de domination. À ce titre, les questions d'orthodoxie et d'hétérodoxie et les processus de délimitation des savoirs légitimes ou non seront particulièrement étudiés.

 

Historiographie et épistémologie :

 

Ce thème s’intéresse à l’histoire des savoirs historiques dans une approche à la fois historiographique – l’histoire de l’histoire aux époques moderne et contemporaines – et épistémologique mettant en évidences certaines thématiques transversales structurantes de la pensée historienne. La question du temps et des temporalités historiques y tient naturellement une place déterminante tant par ce qu’elle révèle des rythmes – saccadés, multiscalaires et parfois contradictoires – de l’histoire des hommes mais aussi par ce qu’elle dit des structures sous-jacentes, culturelles et sociales, du rapport à cette dimension essentielle de l’existence. C’est dans ce cadre que prend place un projet international d’histoire mondiale et comparative (notamment avec l’université de Shanghai) qui porte sur l’étude d’une approche croisée du temps historique entre France et Chine. Cette volonté d’étudier et de déconstruire les historiographies nationales s’intéresse aussi au monde méditerranéen.