Résistance(s) Partisane(s) : Culture visuelle, imaginaires collectifs et mémoire révolutionnaire

Coordinateurs :  Paula Barreiro López

Type de projet et nom complet :  Résistance(s) Partisane(s) : Culture visuelle, imaginaires collectifs et mémoire révolutionnaire

Sigle : Ré.Part.

Participants au projet pour le LARHRA : Paula Barreiro López, Anita Orzes

Autres participants : Sonia Kerfa (Professeur des Universités, Université Grenoble Alpes), Fabiola Martínez Rodríguez (Assistant Professor, University Saint Louis, Madrid), Jacopo Galimberti (Chercheur postdoctoral, University of Manchester), María Ruido(Enseignante, profesor agregat à l’Universitat de Barcelona), Gal Kirn (Open Topic Fellow, University of Dresden), Olga Fernández López (Enseignante, profesora contratada doctora à l’Universidad Autónoma de Madrid), Jaime Vindel (Enseignante profesor ayudante doctor, Universidad Complutense de Madrid), Béatrice Joyeux-Prunel (Maître de conférences, HDR École Normale Supérieure de Paris), Anita Orzes (doctorande, Université Grenoble Alpes-Universidad Autónoma de Madrid).

 

Début et durée : 1 juin 2019-31 décembre 2020

Page web: https://modernidadesdescentralizadas.com/projets/re-part/ 

 

2-     Présentation scientifique

 

Ce projet vise à ouvrir un champ de recherche novateur sur les mouvements de résistance depuis la Seconde Guerre Mondiale, l’intersection de l’histoire culturelle et de la culture visuelle. Il se divise en deux axes d’analyse: 1) Une étude transnationale des productions visuelles des mouvements partisans (arts visuels, production graphique, affiche, photographie, cinéma et vidéos) et de leur contribution à la configuration de nouvelles pratiques, à la construction d’identités visuelles et aux prises de consciences collectives qui se sont formées entre la SGM et la chute du mur de Berlin. 2) Une étude des répercussions que ces imaginaires visuels ont encore sur la culture visuelle actuelle, sur les pratiques artistiques contemporaines, ainsi que sur la configuration de l’imagination politique.

D’un point de vue méthodologique, il propose, d’abord, un déplacement de l’objet traditionnel de l’histoire de la résistance (fondée surtout sur le domaine littéraire et le document) vers la culture visuelle, ainsi qu’un élargissement des chronologies comprenant les mouvements antifascistes, anti-impérialistes, anticapitalistes au sein d’une généalogie comportant des continuités et des ruptures. Dans cette perspective, nous chercherons à débattre du rôle que les images et les productions audiovisuelles ont eu dans la constitution de ces luttes et des revendications pour les droits civiques ainsi que dans les réseaux de résistance et de solidarité, en considérant l’image comme un instrument de construction de connaissance visuelle (visual knowledge) et un vecteur transnational de création de comportements et de consciences collectives dissidentes. Il ne s’agit donc pas de faire une histoire illustrée, mais plutôt une histoire des productions visuelles qui mette en valeur leurs spécificités sémantiques, leurs usages et leurs matérialités, leur capacité à élaborer des codes transnationaux, leur récurrence, leur fonction modélisante ainsi que leur “fragilité” et leurs ambiguïtés.

Notre projet, développé par une équipe internationale, s’ancre dans une approche qui transcende les cadres nationaux et relie des mouvements, des idéologies et des pratiques entre les hémisphères sud et nord. Car, en dépit de différences de contextes, ces productions visuelles peuvent être envisagées comme faisant partie d’une culture de la résistance qu’ont en partage les géographies occidentales, celles de l’est de l’Europe et du tiers monde. Privilégiant une analyse transnationale et transversale, les héritages partisans seront discutés depuis et à travers la sphère culturelle d’enclaves concrètes et au prisme d’études de cas (en France, en Espagne, en Portugal, en Italie, en Yougoslavie, au Mexique, en Argentine ou à Cuba), avec un accent particulier mis sur les processus de transferts et d’échanges et leurs relations avec les dynamiques sociopolitiques. Travaillant sur les réseaux et la circulation d’images, de personnes (artistes, metteurs en scène, photographes) et d’idéologies, le projet souhaite montrer comment ces réseaux et identités visuelles se sont formés, ont été transférés, se sont adaptés aux contextes locaux et ont abouti à la création de communautés transnationales et à des cartographies proto-globales.

En combinant l’analyse critique et la visualisation géospatiale aux paramètres historiques, nous espérons non seulement évaluer des processus complexes, mais aussi rendre compréhensibles les façons dont la culture visuelle, ainsi que les échanges artistiques, ont contribué à configurer des mouvements de résistance transnationaux, qui ont eux-mêmes contribué à façonner la société multiculturelle et globale dans laquelle nous vivons actuellement.

 

En savoir plus: https://modernidadesdescentralizadas.com/projets/re-part/