Genre

Cet axe a une double ambition : fédérer un nombre croissant d’historien-ne-s en France et à l’étranger sur le thème des identités sociales et du genre ; favoriser la prise en compte dans le LARHRA de la dimension sexuée de tous les phénomènes historiques.

Présentation

L’axe « Genre et Société » promeut les recherches qui, en histoire, considèrent le genre « comme une catégorie utile d’analyse historique » (Scott 1988) ET comme un champ de recherche pluridisciplinaire. Les chercheur-e-s rassemblé-e-s au sein de cet axe ont pris en compte les mutations épistémologiques survenues depuis la naissance de l’histoire des femmes dans les années 1968 et travaillent à penser la différenciation sexuelle et les différents temps de sa construction historique. Le genre permet en effet d’analyser le masculin et le féminin comme des catégories historiquement construites, d’interroger les relations entre les sexes et les hiérarchies et rapports de pouvoirs qui en découlent. Les membres de l’axe réfléchissent ainsi sur les mutations de ce que l’on appelle « la ligne de genre » qui définit socialement le « masculin » et ses attributs avec, en regard, le « féminin » et ses attributs.

 

                L’axe « Genre et société » a donc vocation à fédérer des chercheur-e-s qui font du genre leur objet d’étude principal, et à impulser au sein du laboratoire la mobilisation plus systématique de cette grille de lecture. Comme « système de bicatégorisation hiérarchisé entre les sexes (hommes et femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées » (Bereni, 2011), le genre renvoie à des rapports de pouvoir, par ailleurs imbriqués avec ceux liés à l’âge, au statut social, à la « race », diversité de rapports regroupés dans la notion « d’intersectionnalité ». Cette dernière dimension, dont l’acclimatation en France est relativement récente, sera plus systématiquement prise en compte.

 

L’axe « Genre et société » réunit des chercheur-e-s qui travaillent sur l’histoire sociale de la France, dont l’histoire nationale intègre une dimension coloniale et postcoloniale. Leurs domaines de spécialité sont l’histoire de l’enseignement, des formations professionnelles et du travail, des mouvements sociaux, de la citoyenneté et de l’engagement. Ils incluent dans leurs recherches non seulement les territoires colonisés par la France aux 19e et 20e siècles, mais aussi les populations migrantes. Ils utilisent également une méthodologie commune autour des sources orales, ces dernières demeurant des entrées fondamentales pour accéder au quotidien des acteurs et des actrices de l'histoire.

 

De nouveaux croisements sont également proposés. La dimension politique est ainsi affirmée, qu’il s’agisse d’étudier l’action publique (en matière éducative, de politique familiale par exemple) ou la protection sociale au sens large (le genre des acteurs, des objets de la protection sociale et des modalités d’action mais aussi la participation de manière différenciée selon le sexe à la mise en place de mesures sociales, par le biais des lois mais aussi des associations, des Eglises ou des syndicats). Le champ du religieux et des croyances irrigue également ce projet et les collaborations entamées lors du précédent contrat sur « femmes, genre et catholicisme » se poursuivent, intègrent de nouveaux espaces (l’Espagne franquiste, le Canada) et une approche transnationale. L’axe genre s’élargit enfin à l’époque moderne en envisageant la participation des femmes aux réseaux d’information et de production d’un savoir, populaire ou savant, formel ou informel, aux 17 et 18e siècles (voir les axes « Education, cultures, constructions sociales » et « Action publique et mondes urbains »).

            Dans le cadre du contrat 2016-2020, les travaux sont structurés autour de deux thèmes majeurs qui permettent de fédérer les projets et d’opérer les croisements ci-dessus énoncés :

« L’éducation, la formation professionnelle et le travail »

« Histoire de la citoyenneté et de l’engagement »