Livrets d 'acquits


Livret d'acquit de Victor Gruffard,
1813

Archives de Lyon, II 163

Le livret d'acquit

La loi du 18 mars 1806 (art. 20 à 28) imposait aux chefs d'atelier “de se pourvoir au conseil des prud'hommes, d'un double livre d'acquit pour chacun des métiers qu'ils fer[aie]nt travailler”. Le chef d'atelier devait en conserver un exemplaire et déposer l'autre chez le fabricant pour lequel il tissait des étoffes. Ce dernier y portait la valeur des matières remises au chef d'atelier et/ou les avances en argent qu'il lui avait faites. Lorsque le chef d'atelier avait fini de travailler pour un fabricant, ce dernier soldait les comptes sur les deux livrets. Si le chef d'atelier était débiteur, le nouveau fabricant pour lequel il allait travailler exerçait une retenue d'un huitième sur le prix des façons et la reversait au premier fabricant, jusqu'à apurement de la dette. Le livret d'acquit était donc un instrument de gestion collective du crédit au sein de la fabrique de soieries