Atelier Sociétés en guerre

Constitué fin mai 2013, ce groupe transversal est animé par Laurent Douzou (IEP Lyon et IUF), Sylvène Edouard (Lyon 3) et Stéphane Gal (UPMF Grenoble). Il vise, sur des problématiques délibérément conçues de façon large, à fédérer les compétences de membres du laboratoire, quel que soit l’axe auquel ils-elles appartiennent. Il ne s’agit pas de pratiquer une histoire militaire au sens traditionnel du terme non plus que des « War studies » à la mode anglo-saxonne.

Notre projet est de scruter les dimensions et répercussions économiques, sociales, anthropologiques et culturelles de la guerre, à différentes époques et sous les formes extrêmement diverses qu’elles peuvent revêtir.

En 2013-2014 et 2014-2015, nous avions choisi de réfléchir dans des ateliers rassemblant chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, chercheurs associés du laboratoire, sur des thématiques choisies de façon à permettre des échanges aussi ouverts que possible, chronologiquement, géographiquement, intellectuellement. À raison de six ateliers par an, nous avons exploré différentes thématiques : engagements ; souffrances/sacrifices ; penser et représenter la guerre ; frontières ; l’ordinaire du temps de guerre ; héros et mémoire héroïque ; témoins ; blessures de guerre ; les historiens et la guerre.

Les 28 et 29 mai 2015, un colloque sur les relations entre guerre, transgressions et sociétés a été organisé à Lyon. Le thème a été abordé de manière transdisciplinaire et sur la longue durée, de la profanation des sépultures sous l’Antiquité grecque à l’expérience dramatique de l’armée française face au génocide rwandais.

À l’horizon 2016-2020, notre ambition est de permettre à des spécialistes de périodes différentes (pour l’heure, modernistes, contemporanéistes, analystes du temps présent), de domaines distincts (histoires politique, économique, sociale, religieuse, culturelle ; histoire du genre ; histoire de l’art ; philosophie ; sociologie ; anthropologie ; science politique), travaillant sur des aires géographiques extrêmement variées en Europe et hors d’Europe, de conjuguer leurs forces. En mettant l’accent sur les sociétés, notre objectif est de soumettre à l’analyse la guerre vue d’en bas, en quelque sorte, en décryptant ce que James C. Scott appelle les textes cachés (hidden transcripts) élaborés ou révélés par les situations d’exacerbation des représentations et des tensions générées par les conflits de toute nature.