Art, images, sociétés

Thématiques

I. Du portrait à la médiatisation

L’étude du portrait a fait l’objet de nombreux renouvellements durant les trois dernières décennies et les recherches entreprises au sein du laboratoire ont concouru à faire apparaître la diversité et la complexité de ses pratiques. Tout en poursuivant ces enquêtes, il s’agit d’envisager ces objets dans la perspective de leur diffusion et de les penser en termes de médiatisation.

1. Le portrait : ressources et enjeux

Dans la continuité des objectifs du précédent contrat, l’histoire du portrait est approfondie par des recherches sur l’ensemble de la période moderne et sur le XIXème siècle. Des corpus catégoriels feront l’objet d’enquêtes spécifiques : les portraits sculptés ; le portrait sculpté entre espace public et privé ; le portrait et le goût à l’antique genré ; les images et parures du corps.

2. Les artistes : représentations, statuts et territoires

L’histoire du statut d’artiste a constitué un renouvellement de l’histoire de l’art traditionnelle, originellement fondée sur l’étude anecdotique et mythographique des biographies. Il s’agit de travailler plus particulièrement sur les images des artistes de façon à corréler l’étude des critères statutaires et sociologiques à celle des représentations visuelles.

 

 

II. Collections, display et histoire du goût

Cette thématique regroupe les nombreux chercheurs intéressés par les aspects matériels et économiques de l’existence des œuvres d’art. Si l’histoire des collections et l’histoire du goût sont des approches anciennes, elles sont aujourd’hui renouvelées par l’intégration de l’histoire de l’exposition des œuvres dans les musées et les manifestations temporaires, comme par l’étude du commerce de l’art. L’étude de ces pratiques permet d’analyser les variations du goût dans leurs dimensions institutionnelle, esthétique, économique et sociale. L’étude de la circulation, des réseaux et du marché de l’art participe de cette approche décloisonnée.

1. Histoire de la présentation des collections

L’histoire des collections s’oriente depuis quelques années vers l’étude des aspects visuels à travers la question du display. L’enquête est étendue aux institutions muséales qui, avant que le dogme du white cube s’impose, accordaient une grande importance aux mises en scène de l’art. Les pratiques actuelles de l’exposition font l’objet d’un séminaire spécifique en collaboration avec Le Magasin de Grenoble.

2. Circulation et réseaux : marchés et goûts

Cette thématique est structurée autour de deux programmes centrés sur la période de la Révolution française :

- Les territoires de l’artiste.

- Le marché de l’art sous la Révolution.

 

 

III. De l’œuvre aux images : histoire de l’art et culture visuelle

L’essor des études visuelles a ouvert des perspectives qui permettent de considérer les œuvres d’art dans le cadre de l’économie générale des images. Il s’agit notamment d’examiner comment les hiérarchies du visuel ont été profondément bouleversées depuis le milieu du XXème siècle, d’approcher les régimes de visualités à l’œuvre depuis la Renaissance et d’interroger une épistémologie du visuel.

1. Hiérarchies

Dans le passage à une civilisation de l’image, le statut de l’œuvre d’art a été remis en question. La révision du régime hiérarchique des images est étudiée dans le contexte de l’apparition des cultural studies. Les phénomènes de dé-hiérarchisation qui en découlent seront examinés dans la production des artistes dans la seconde moitié du XXème siècle, en relation, notamment, avec la culture de l’objet.

2. Régimes de visualité

Les spécificités de la culture visuelle sont étudiées par le biais des questions touchant à la représentation de l’histoire et de la mémoire. Les dimensions sociale, politique et anthropologique de la culture visuelle sont abordées par l’étude de la satire.

3. Épistémologie et historiographie du visuel

Discipline relativement récente, l’histoire de l’art a forgé ses méthodes en empruntant à d’autres champs, plus anciens ou plus récents, tout en s’en démarquant plus ou moins nettement. Il s’agit de réfléchir aux frontières de la discipline et à ses emprunts épistémologiques en interrogeant l’incidence du visuel dans ces phénomènes historiographiques. Deux projets structurent cette approche :

- « L’art comme nature, la médecine comme œuvre » aborde la question du visible et du sensible dans la relation à l’occultisme et l’hermétisme.

- « Figures épistémologiques de l’histoire des formes » étudie la façon dont les antiquaires et les historiens de l’art ont pensé visuellement la représentation de l’histoire des formes en empruntant à d’autres disciplines – la philosophie et l’histoire de la nature notamment.

 

 

IV. Architecture : les enjeux de la technique

Depuis deux décennies, les études relatives à la technique se sont considérablement développées tant par l’histoire de la construction que par l’essor de la notion de culture matérielle. Ce phénomène a permis de reconsidérer nombre de réalisations qui valaient essentiellement par leur intérêt constructif. Cette évolution a également contribué à réviser certains points de vue sur des édifices majeurs en éclairant d’un jour nouveau les conditions de réalisation et les contraintes qu’elles induisent. Il s’agit en particulier de poser les bases d’une histoire de la pensée technique entendue comme un élément constitutif de la relation vécue ou imaginée entre les hommes et les matériaux qu’ils mettent en œuvre. Les travaux porteront sur la période 1750-1950. Ils concerneront notamment les matériaux ductiles et malléables, avec un intérêt particulier mais non exclusif pour le patrimoine bâti régional. Ils interrogeront les procédures techniques mais aussi les contextes sociaux et idéologiques dans lesquels ces matériaux sont utilisés.