ANR TRANSENVIR

Description

Coordinateurs : Stéphane Frioux
Type de projet : Approche historique de la « TRANSition ENVIRonnementale » : innovations politiques et sociales face aux risques environnementaux en milieu urbain (années 1950-années 2000)
Sigle : TRANSENVIR
Participants au projet pour le LARHRA : Stéphane Frioux, Anne-Marie Granet-Abisset, Gwenaëlle Legoullon, Vincent Porhel + 1 post-doctorant(e) à compter de mi-2017
Autres participants : Thierry Coanus, Marylise Cottet et Yves-François Le Lay (EVS), Gwenola Le Naour (TRIANGLE)
Début et durée : novembre 2016 - fin 2019
 

Présentation

Le projet TRANSENVIR a l'ambition de proposer un cadre cohérent et très solidement documenté de compréhension de la place occupée par les villes françaises dans la montée, l'institutionnalisation et la reconfiguration de politiques environnementales. Il s'agit d'évaluer dans quelle mesure les différents risques liés à l'environnement urbain ont pu engendrer l'innovation en terme de gestion politique et administrative de ces milieux à mesure qu'ils se peuplaient.

Nous voulons vérifier, sur deux terrains complémentaires (Lyon et Grenoble), l'hypothèse d'une transition environnementale de moyenne durée (seconde moitié du XXe siècle) dans la société française, comme dans les autres sociétés occidentales comparables, mettre en évidence ses acteurs et interroger plus particulièrement le poids d'un espace, les mondes urbains et périurbains, dans ce phénomène.

 

Trois axes guideront la réflexion et l'enquête collective :

 

1. Ville, environnement et innovation sociale

Si les villes sont par excellence des lieux d’innovation, ce sont également des concentrations d'hommes et d'artefacts qui influent sur l'écosystème et l'environnement physico-chimique. Pour étudier le lien entre le phénomène urbain, l'enjeu environnemental et l'innovation sociale, l'enquête sera territorialisée. Tout au long du programme, elle sera menée de façon prioritaire sur une agglomération lyonnaise qui servira de zone-atelier pour l'occasion, avec des comparaisons proches (Grenoble). Cela permettra d'ouvrir la voie à une analyse la plus complète possible des innovations politiques – y a-t-il un programme d'« écologisme municipal » à partir des élections locales de 1977 ? – théoriques et pédagogiques– comment, par qui et pour qui a été formulé le lien entre phénomènes planétaires et environnement de proximité ? – dans une société urbaine donnée.

 

2. Définition et gestion du risque et interface science-société

À partir des archives et des sources orales, nous questionnerons la catégorie actuelle des « lanceurs d'alerte » pour comprendre le rôle des premières grandes études qui, dès les années 1950-1960, ont mis en avant le risque lié à la dégradation de l'environnement.  Une forte diversité sociale, professionnelle, géographique et culturelle, dans la composition et les motivations, caractérise les acteurs déjà en partie connus. Il faudra faire la part des penseurs, de la science engagée, qui implique une activité militante du chercheur directe ou indirecte, et de la science utilisée comme pourvoyeuse d'expertise par les pouvoirs publics.

L'équipe travaillera sur trois grands cas concrets, par aller-retour constant entre le terrain local et l'échelon national :

  1. la mise en œuvre des premières politiques de limitation de la pollution automobile
  2. la définition et le traitement des risques sanitaires (physiques et psychiques) liés à la construction des grands ensembles
  3. les risques écologiques que les rejets domestiques et industriels urbains ont pu faire peser sur les milieux aquatiques

 

3. La transition environnementale comme phénomène transnational

Cet axe étudiera la relation entre risque environnemental urbain et innovation sociale en la saisissant au travers du prisme des circulations multiscalaires d'acteurs, d'idées et de pratiques, et d'une histoire relationnelle des acteurs collectifs intervenus dans le domaine des problèmes liés à l'environnement urbain (grandes ONG, associations locales, collectivités publiques, mais aussi cercles d'experts comme l'OCDE, les comités spécialisés de l'OMS, le Conseil de l'Europe et les instances de la Communauté Européenne, etc.).